Appolonia (Pauline) Kemp se faisait appeler Rose Blanc. C’était son nom de scène comme danseuse aux Folies-Bergère à Paris.
Extrait de la Gazette de Luxembourg (Tageblatt) du 14 avril 1927 :
MISS
La nôtre s’appelle Rose Blanc. Si vous avez vu son portrait encadré de ceux de « miss » Italy et de « miss » France, vous vous serez dit qu’elle y fait bonne figure en somme et que, si vous aviez à distribuer la palme de la beauté, …Si je dis « son portrait », ne vous en rapportez pas aux reproductions caricaturales que vous avez rencontrées dans les journaux d’information. L’insuffisance des procédés et la grossièreté des retouches dont usent ceux-ci forcément vous font prendre des vessies pour des lanternes et réciproquement. Il faudra donc recourir à de véritables photographies ou à des agrandissements reproduits sur beau papier. Il va sans dire que les magazines féminins y pourvoiront, dans la mesure du possible et qu’il nous sera donné un de ces jours d’y contempler la gente frimousse de « miss » Luxembourg. Ce nom m’horripile, mais il paraît que, puisque la revue des ambassadrices aura lieu en Amérique et que chaque reine y représente un pays déterminé, c’est encore ce qu’on a trouvé de mieux pour prévenir toute confusion. Si donc le procédé est simpliste, la fin une fois de plus pourra sanctifier les moyens. Donc Melle Rose Blanc défendra là-bas les couleurs luxembourgeoises. Elle est, dit-on, danseuse aux Folies-Bergère et habituée aux compliments de ses camarades de music-hall. Comme elle est non seulement d’une beauté remarquable, mais encore de bon caractère et sympathique sous tous les rapports, ses petites amies l’ont proclamée reine de beauté et ambassadrice du Luxembourg. Là voilà donc voguant sur l’onde amère vers le lointain Texas. Faut-il souhaiter qu’elle sorte victorieuse de ce concours mondial ou doit-on désirer qu’elle cède le pas aux représentantes des nations moins modestes ? Trop de gloire ne rejaillirait-elle pas sur nous si une de nos compatriotes était proclamée la plus ravissante beauté du monde ? Savez-vous quelle définition Paul Valéry donne de la beauté, ou plutôt du beau ? « Le beau, dit-il, est ce qui désespère. » Désespoir qu’il faut bénir, puisqu’il détrompe, éclaire et, selon Corneille, secourt. Mais c’est là une question trop complexe pour que nous la tranchions aujourd’hui et à propos de « miss » Luxembourg.

1927-04-14 Tageblatt – Miss Luxembourg – Rose Blanc

1927 – Rose Blanc